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الأربعاء، 1 يوليو 2026

Métouia, Oudhref et Gabès dans les recherches linguistiques

Introduction

La naissance d'une étude exploratoire

Le docteur Paul Provotelle a construit son étude exploratoire à partir de son exercice comme médecin militaire dans le sud tunisien entre 1909 et 1911. Son contact direct avec la population lui a permis de mener une enquête de terrain et ethnographique couvrant les villages échelonnés entre les chaînes des monts Orbata et Sened jusqu'aux oasis de la bande côtière, avec une attention particulière portée à la localité de Métouia, à Oudhref et aux oasis de Gabès.

Le travail de terrain

Les tournées de 1910 et 1911 entre Métouia et Oudhref

Provotelle s'est rendu à Métouia et à Oudhref au cours de ses tournées de terrain menées entre 1910 et 1911, où il a rencontré directement les habitants de la région et ses informateurs. Il a adopté la méthode de la dictée directe pour consigner les termes et expressions courants, qu'il comparait ensuite aux parlers zénètes de Kalaat es-Senan et des régions avoisinantes.

Par leur situation montagneuse proche des oasis, Métouia et Oudhref constituaient, selon ses observations, un point de bascule linguistique manifeste.

Première observation

L'isolement linguistique et le phénomène des îlots

Il constate que le parler amazigh du sud tunisien ne forme plus une aire géographique continue, mais s'est fragmenté en îlots linguistiques isolés dans les zones montagneuses.

À Métouia, à Oudhref et dans les oasis voisines de Gabès en revanche, il observe une accélération de l'arabisation et un remplacement de la langue de communication quotidienne, sous l'effet du contact continu avec l'environnement arabophone environnant. Le parler amazigh se réduit progressivement au cadre familial dans certains villages de montagne, tandis que l'arabe tunisien s'impose dans les marchés et les échanges de tous les jours.

Deuxième observation

La fusion économique et commerciale entre montagne et oasis

Métouia et les oasis de Gabès, ainsi que Oudhref, formaient un centre économique et commercial important, fréquenté par les habitants des villages de montagne et du Sened pour écouler leurs produits et échanger des marchandises.

Ce contact commercial et administratif quotidien a imposé l'usage de l'arabe tunisien comme langue de communication commune, entraînant peu à peu le recul du zénète, désormais confiné à des usages limités au sein de la famille dans les zones montagneuses entourant Métouia et Oudhref.

Troisième observation

Les dépôts lexicaux dans le parler des habitants de Métouia, Oudhref et Gabès

Provotelle souligne que la prédominance de l'arabe à Métouia, à Oudhref et dans les oasis de Gabès n'a pas totalement effacé l'héritage amazigh, qui subsiste sous forme de dépôts lexicaux conservés dans le parler courant, notamment dans les domaines suivants :

  • Agriculture et irrigation : noms des parties du palmier, outils de répartition de l'eau et saisons agricoles.
  • Métiers et artisanat traditionnel : termes liés aux outils du filage, du tissage et de la fabrication de nattes.
  • Milieu naturel : noms de plantes sauvages, d'herbes et de plats traditionnels.
L'auteur de l'étude

Notice sur le docteur Paul Provotelle

Médecin militaire et chercheur en ethnographie et en linguistique, il a exercé dans le sud tunisien entre 1909 et 1911. Il a mis à profit ses tournées de terrain pour documenter le parler zénète et le patrimoine linguistique oral des régions du Sened, de Métouia, de Oudhref et de Gabès.

Ses travaux, en particulier son étude publiée en 1911 sur le dialecte de Kalaat es-Senan, ont contribué à consigner un pan important de l'histoire linguistique du sud tunisien, y compris les mutations survenues à Métouia, à Oudhref et dans les oasis de Gabès.

Conclusion

Le tamazight, ou langue amazighe, compte parmi les langues les plus anciennes d'Afrique du Nord. Il constitue une branche indépendante de la famille afro-asiatique, remarquable par sa grande diversité dialectale et sa présence historique s'étendant sur plusieurs millénaires. L'observation menée par Provotelle dans ces régions demeure ainsi un témoignage précoce sur la dynamique de l'arabisation et la survie lexicale amazighe dans le sud tunisien.

Métouia, Oudhref et Gabès dans les recherches linguistiques